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Les 1 % les plus riches ont déjà dépassé leur "budget" d'émissions de carbone pour 2026

  • 12 janv. 2026 01:00

Le 9 janvier 2026 a été déclaré "Journée du pollueur" par Oxfam. En effet, en 10 jours, les 1% les plus riches de la population mondiale ont émis tout le CO2 qu'ils seraient autorisés à émettre toute l'année s'ils voulaient limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

Les 0,1 % les plus riches avaient déjà dépassé cette limite le 3 janvier. De plus, l'impact de ces émissions va bien au-delà des statistiques : des dizaines de millions de personnes dans les pays pauvres et vulnérables en subiront les pires effets, notamment des vagues de chaleur, des sécheresses, des inondations et des dommages économiques importants. Selon les estimations de la Confédération internationale des ONG, les émissions des 1 % les plus riches pourraient provoquer 1,3 million de décès liés à la chaleur d'ici la fin du siècle, tandis que les dommages économiques cumulés dans les pays les plus pauvres pourraient atteindre 44 000 milliards de dollars d'ici 2050.

Comment fonctionne le budget carbone

Pour comprendre la gravité de la situation, il est utile de savoir ce que l'on entend par budget carbone : il s'agit de la quantité maximale de CO2 qui peut être émise sans dépasser une certaine hausse de la température mondiale. Selon le rapport 2024 sur le déficit d'émissions du Programme des Nations unies pour l'environnement, le niveau d'émission compatible en 2030 est d'environ 17,8 gigatonnes de CO2. Si l'on divise ce chiffre par la population mondiale prévue de 8,5 milliards d'habitants, chacun émettrait 2,1 tonnes de CO2 par an. En revanche, les 1 % les plus riches émettent en moyenne 75,1 tonnes par personne, soit environ 0,206 tonne par jour. Il faut donc un peu plus de 10 jours pour épuiser le budget annuel d'une personne moyenne.

Pas seulement le luxe : le rôle de l'investissement

Les émissions des super-riches ne proviennent pas seulement de leurs jets privés, de leurs yachts et de leurs villas, mais aussi de leurs investissements dans des entreprises à forte intensité de carbone. En moyenne, chaque milliardaire détient des participations dans des entreprises qui produisent 1,9 million de tonnes de CO2 par an. Une personne faisant partie des 0,1 % les plus riches produit plus de CO2 en une journée que les 50 % les plus pauvres de la planète n'en émettent en une année. Si tout le monde suivait ce modèle, le budget carbone mondial serait épuisé en moins de trois semaines.

Influence politique et lobbying

Le pouvoir économique permet aux super-riches d'influencer de manière disproportionnée la politique climatique. Lors de la récente Cop au Brésil, les lobbyistes des entreprises de combustibles fossiles étaient plus nombreux que la quasi-totalité des délégations nationales, à l'exception de celle du pays hôte. Nafkote Dabi, responsable de la politique climatique à Oxfam, a souligné que la richesse crée "une influence injuste sur la prise de décision et affaiblit les négociations sur le climat".

Les mesures proposées par Oxfam

Oxfam appelle à des mesures ciblées contre les super-riches et les entreprises les plus polluantes afin de réduire les émissions et de rééquilibrer les responsabilités. Elle propose notamment d'augmenter les impôts sur les revenus et le patrimoine des super-riches, de taxer les profits excessifs des entreprises de combustibles fossiles et de prendre des mesures contre les produits de luxe à forte intensité de carbone, tels que les jets privés et les super-yachts. L'organisation souligne également la nécessité de repenser le système économique mondial en faveur de modèles plus durables et plus équitables qui protègent les populations et la planète.

Oxfam estime que la limitation des émissions des super-riches n'est pas seulement une question de justice, mais aussi une mesure nécessaire pour éviter des effets catastrophiques sur le climat.

 

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