Preloader

Infantino veut vendre la Coupe du monde de football à la famille Trump

  • 29 juil. 2026 15:30

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a lancé un projet controversé visant à créer une nouvelle société chargée de la gestion commerciale des Coupes du monde de football – masculines, féminines et de clubs. Ce projet, baptisé "FIFA Forward Enterprise", devrait atteindre une valeur de 20 milliards de dollars et attire des investisseurs privés, dont Thrive Eternal, dirigée par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump.

Selon The Times, Gianni Infantino prendrait la tête de la FFE à l’issue de son mandat en 2031, avec un revenu annuel estimé à 64 millions de dollars – soit dix fois son salaire actuel. Les 211 membres de la FIFA, à savoir les fédérations nationales de football, se verront chacun offrir jusqu’à 20 millions de dollars supplémentaires au titre de l’aide au développement, ce qui constitue une incitation financière considérable, en particulier pour les petites fédérations.

L'UEFA réagit toutefois avec virulence. "Personne ne possède le football", a déclaré la fédération européenne dans un communiqué cinglant. "L’âme et la gouvernance du football ne sont pas une marchandise, surtout sans transparence sur ceux qui en tirent profit financièrement." L’UEFA qualifie ce projet de "bombe nucléaire" pour le football et avertit qu’il franchit une ligne qui n’aurait pas dû être franchie. Les 55 membres européens envisagent une réunion d’urgence, voire un boycott si Infantino maintient son projet. La résistance se fait également entendre sur la scène politique. 

Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré sur les réseaux sociaux : "La Coupe du monde n’est pas un produit. Elle appartient aux supporters." Des critiques émanent également des entraîneurs, de la fédération norvégienne de football et du Conseil de l’Europe, qui remettent en question l’intégrité de la FIFA sous la direction d’Infantino.

La FIFA souligne qu’elle conserve la majorité au sein de la FFE ainsi que le contrôle total sur les compétitions, le calendrier et la réglementation. Les détracteurs voient toutefois dans ce projet une commercialisation accrue du football, dans laquelle des investisseurs privés pourraient, par l’intermédiaire de la FFE, avoir leur mot à dire sur l’avenir de la Coupe du monde.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’Infantino tente d’attirer des bailleurs de fonds privés. Une proposition antérieure datant de 2018, impliquant SoftBank et des relations saoudiennes, avait alors été bloquée par l’UEFA. Aujourd’hui, après des recettes record de 12 milliards de dollars lors de la Coupe du monde 2026, la position d’Infantino semble inébranlable, mais la résistance s’intensifie.

 

Partager: