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Offrez-vous une île grecque paradisiaque pour moins de 250 000 euros…mais attention au piège

  • 06 juin 2026 09:21

Posséder une île privée semble être un privilège réservé aux milliardaires. Pourtant, en Grèce, une île est mise aux enchères à un prix étonnamment bas : inférieur au coût moyen d’une maison aux États-Unis. Mais derrière cette offre de rêve se cache une réalité bien plus complexe, faite de dettes, de contraintes environnementales et de lourdes restrictions en matière de construction.

Cette île s’appelle Makri, elle est inhabitée et se trouve en mer Ionienne. En 2022, elle avait été proposée sur le marché de l’immobilier de luxe pour environ 8 millions d’euros, présentée comme le lieu idéal pour des complexes hôteliers exclusifs, des villas privées et un tourisme haut de gamme. Aujourd’hui, en revanche, le prix de départ de l’enchère a dégringolé à environ 250 000 euros.

Un montant qui interpelle, surtout si on le compare au prix moyen d’une maison aux États-Unis, qui avoisine les 450 000 euros.

Pourquoi cela coûte-t-il si peu ?

La réponse est simple : acheter Makri, c’est aussi hériter d’une longue série de problèmes juridiques, fiscaux et environnementaux.

Selon la presse grecque, l’île est grevée par plus de 20 millions d’euros de dettes et de réclamations financières, y compris des créances réclamées par l’État grec. De plus, la majeure partie des projets immobiliers envisagés par le passé ne seraient tout simplement pas réalisables.

Makri fait en effet partie des zones protégées du réseau européen Natura 2000 et est classée comme zone à fort intérêt écologique. Concrètement, cela signifie que tout projet de construction nécessiterait des autorisations extrêmement complexes, pouvant aller jusqu’à un éventuel décret présidentiel.

Et ce n’est pas tout : l’île serait également classée comme zone forestière protégée, un détail qui limite encore un peu plus la possibilité de construire des hôtels, des resorts ou des infrastructures touristiques invasives.

Un paradis naturel encore préservé 

C’est précisément l’aspect le plus intéressant de cette histoire. À la différence de nombreuses autres îles grecques submergées par le surtourisme, Makri est restée complètement préservée.

Aucun complexe hôtelier de luxe, aucun port de plaisance ni beach club… seulement des côtes escarpées, une eau cristalline et une biodiversité méditerranéenne foisonnante. Un patrimoine naturel qui, aujourd’hui, pourrait devenir un cas emblématique de protection de l’environnement face à la spéculation immobilière.

Ces dernières années, l’île avait été présentée comme la future destination phare du tourisme international haut de gamme. Aujourd’hui, en revanche, les contraintes écologiques semblent avoir définitivement freiné tout méga-projet immobilier.

Que pourrait-on vraiment faire sur l’île ?

Les possibilités d’exploitation seraient très limitées. D’après les médias locaux, Makri pourrait être principalement destinée à des activités agricoles durables ou à des projets à faible impact environnemental.

De plus, quiconque l'achèterait devrait faire face à des coûts exorbitants pour installer des services essentiels comme l’électricité, l’eau potable et les systèmes de gestion des déchets.

En d’autres termes : plus qu’un investissement immobilier, Makri représente aujourd’hui le symbole de l’équilibre délicat entre protection de l’environnement et exploitation touristique.

Et c’est peut-être là que réside sa véritable valeur : être restée, du moins pour l’instant, un rare coin de Méditerranée encore sauvage.

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