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"La Silicon Valley doit s'attaquer à la pénurie d'armes aux États-Unis"

  • 05 août 2026 10:00

En raison de la guerre qui s'éternise avec l'Iran, les stocks américains de missiles Patriot et THAAD s'épuisent rapidement. Le Pentagone place donc ses espoirs dans les start-ups de défense de la Silicon Valley, alors que les fournisseurs traditionnels tels que Lockheed Martin et Raytheon ne parviennent pas à augmenter leur production. 

Fin juin, le ministre de la Guerre Pete Hegseth a convoqué une quinzaine de dirigeants d’entreprises telles que Shield AI, Anduril, CoAspire et Castelion avec un message clair : "Trouvez une solution."

Selon un rapport du Center for Strategic and International Studies, le stock de missiles Patriot, qui s’élevait à environ 2 200–2 330 intercepteurs avant la guerre, est tombé à seulement 759–827 unités. Le stock de missiles THAAD a quant à lui diminué, passant de 452 à 234–278 unités. Il faudrait trois ans, voire plus, pour reconstituer ces stocks au niveau souhaité, compte tenu de la capacité de production actuelle.

La dynamique sous-jacente est criante : les missiles iraniens coûtent environ un demi-million d’euros, tandis qu’un intercepteur Patriot coûte environ 3,2 millions d’euros. "En moyenne, il faut trois Patriots pour abattre un missile iranien", explique l’expert militaire Roger Housen dans Het Nieuwsblad. "Les drones iraniens sont encore moins chers, entre 130 000 et 170 000 euros environ. Abattre un essaim de ces drones représente une perte considérable", poursuit-il.

Coup d’œil sur les start-ups

Un porte-parole du Pentagone confirme à Nampa que le ministère ne se limite pas aux géants traditionnels de la défense. "Nous voulons transformer l’armée afin qu’elle combatte, achète et construise en s’appuyant sur la créativité et le dynamisme de l’innovation américaine." Les start-ups doivent concevoir des systèmes moins chers et plus intelligents, tout en les livrant rapidement. Mais la montée en puissance reste pour l’instant un obstacle majeur. Bryon Hargis, cofondateur de Castelion, reconnaît cette pression. L’armée a déjà commandé 500 de ses missiles supersoniques. "Un honneur, mais aussi une responsabilité écrasante. Les années à venir s’annoncent surtout difficiles et semées d’embûches", déclare-t-il à Breaking Defense. Pour Hegseth et le Pentagone, l’enjeu est clair : sans l’aide de la Silicon Valley, les États-Unis risquent de se retrouver avec des arsenaux vides dans une guerre de longue durée.

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