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Florence : première ville italienne à interdire les locations de courte durée hors du centre historique

  • 29 mai 2026 16:05

Florence étend le blocage des locations de courte durée au‑delà du périmètre Unesco : neuf quartiers concernés par le tour de vis anti‑surtourisme de Palazzo Vecchio.

Le cœur monumental de la ville n’est plus le seul concerné. À Florence, la bataille contre l’expansion incontrôlée des locations touristiques s’étend désormais au‑delà de la zone classée Unesco et touche des quartiers résidentiels entiers, bouleversés ces dernières années par la montée en puissance des locations de courte durée. La municipalité, dirigée par la maire Sara Funaro, a approuvé une nouvelle délibération qui étend l’interdiction d’ouvrir de nouvelles activités dans neuf zones stratégiques de la ville.

Les nouvelles zones concernées sont Campo di Marte, Gavinana, San Jacopino, Statuto, Rifredi, Libertà, Savonarola, Bronzino et San Frediano‑Pignoncino, des secteurs où le boom des appartements touristiques est en train de changer le tissu social des quartiers.

La carte d’une ville qui se transforme sous la pression du tourisme

Derrière la décision de la municipalité se cache une étude réalisée par le département MEMOTEF de l’université La Sapienza, en collaboration avec le service de statistique de la mairie. Les chiffres révèlent une transformation impressionnante : dans les nouvelles zones concernées, on compte plus de 67 000 logements, alors que dans le centre historique déjà soumis à des restrictions, on ne dénombre qu’environ 35 000 biens résidentiels.

L’analyse met en évidence un risque bien précis : le fameux effet de débordement, c’est‑à‑dire le déplacement des locations touristiques du centre vers les quartiers limitrophes. Certaines zones, comme Pignoncino et San Frediano, ont enregistré une hausse de plus de 90 % du nombre d’appartements destinés aux visiteurs.

Pendant ce temps, le tourisme continue de battre son plein. En 2025, Florence a dépassé les 4,7 millions d’arrivées et les 11,5 millions de nuitées, soit une augmentation de plus de 10 % par rapport à l’année précédente. Les locations de courte durée représentent désormais plus de la moitié des lits disponibles en ville.

Des règles plus strictes : autorisations, superficies et sanctions

Le règlement municipal, entré en vigueur en mai 2025, introduit des contraintes très strictes. Pour ouvrir une location touristique, il faut une autorisation valable cinq ans, liée à la fois au propriétaire et au bien immobilier. En cas de vente, le permis devient automatiquement caduc.

Des critères techniques rigoureux sont également prévus : les appartements doivent avoir une superficie minimale de 28 mètres carrés, avec des chambres simples d’au moins 9 mètres carrés et des chambres doubles d’au moins 14 mètres carrés. L’inscription au registre municipal des locations touristiques est par ailleurs obligatoire. Les sanctions sont lourdes : elles vont de 1 000 à 10 000 euros, et peuvent aller jusqu’à la révocation de l’autorisation en cas de violations répétées ou de fraude à la taxe de séjour.

Bras de fer politique et économique : une ville divisée sur le "modèle Florence"

La mesure a aussitôt ravivé les tensions. Les gestionnaires de biens dénoncent une attaque contre tout un secteur qui fait vivre des entreprises, des agents de maintenance, du personnel d’entretien et des professionnels de l’accueil. Selon ces acteurs, les premiers blocages n’auraient ni favorisé le retour des résidents dans le centre, ni fait baisser les loyers traditionnels.

En face, syndicats et mouvements pour le droit au logement défendent au contraire la nécessité d’enrayer une transformation urbaine qui menace de chasser les habitants des quartiers historiques. En l’absence d’une loi nationale, Florence devient ainsi le premier grand laboratoire italien de régulation du logement touristique.

Source : Ville de Florence

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