Les finances publiques du pays plient sous le poids des dépenses militaires liées à la guerre en Ukraine, celles-ci ayant absorbé environ 46% du budget fédéral au premier trimestre 2026 contre 22% en 2022, selon les informations de The Insider.
Pour garder ce coût bien à l'abri des regards et ne pas rendre compte de l'ampleur de la situation, Moscou dissimule une partie de ces dépenses dans d'autres postes budgétaires. L'opacité financière ne fait que grandir.
Ainsi, le déficit cumulé sur les six premiers mois de 2026 s'élève à pas moins de 5 700 milliards de roubles (62,5 milliards d'euros). Une hausse de 70% par rapport à 2025. Par ailleurs, cette dégradation est aggravée par la chute de 23% des recettes gazières et pétrolières sur la même période (3 700 milliards de roubles, soit 40,5 milliards d'euros).
Pour combler ce trou, sans compter sur des cours énergétiques favorables, le gouvernement russe renforce la pression sur l'économie intérieure en augmentant, par exemple, la TVA. Et malgré cette augmentation des impôts, le tissu économique connaît un net ralentissement : la croissance du PIB stagne à 0,2% sur les cinq premiers mois de 2026, l'investissement s'effondre quant à lui de 14,3% et la part des entreprises déficitaires grimpe de 30% en 2024 à 35% en 2026.
Opacité et inquiétude au programme
Face à cette situation préoccupante et au risque d'inflation, favorisé par les dépenses publiques, la Banque centrale de Russie a décidé de freiner la baisse de son taux directeur (fixé à 14,25% en juin). Une prudence qui a entraîné, en trois mois, un recul de 20% de la Bourse de Moscou. En outre, une nouvelle loi permet désormais au ministère des Finances russe de jouir d'une plus grande liberté pour modifier les paramètres budgétaires, les dépenses, déficits et emprunts, en dehors du contrôle parlementaire.
Comme le souligne The Insider, cet ajustement amplifie encore le manque de transparence et prive les investisseurs de toute visibilité. Si le Kremlin peut encore puiser dans ses réserves pour financer son déficit et éviter une crise budgétaire immédiate, l'imprévisibilité de sa gestion financière demeure une source d'inquiétude de plus en plus présente pour les marchés.
