Si les géants de la tech ont prévu des investissements massifs dans l'intelligence artificielle (1 400 milliards de dollars d'ici 2027), la rentabilité se fait attendre et menace même de tourner au fiasco.
Le journal spécialisé The Economist indique d'ailleurs que les cours des actions, dans le secteur de l'IA, ont chuté de 15 % depuis leur sommet de juin. La cause ? Les inquiétudes des investisseurs qui ne font que grandir. Pour rentabiliser de telles dépenses, il serait nécessaire de générer quelque 2 500 milliards de dollars par an, ce qui exigerait qu'au moins un tiers des entreprises de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) investissent 88 000 euros dans cette technologie, chaque année.
Et l'on reste très loin de ces investissements. Les consommateurs privilégient les offres gratuites, et l'utilisation de l'IA en entreprise semble aujourd'hui stagner. Selon la Banque centrale européenne, seul un dixième des sociétés de la zone euro qui utilisent l'intelligence artificielle y ont recours de façon intensive. Les revenus annuels du secteur s'élèvent donc à environ 150 à 170 milliards de dollars.
Pour que les profits connaissent enfin une explosion, l'IA doit nécessairement doper la productivité et stimuler le capital immatériel (humain, relationnel, structurel et informationnel). Or, le remplacement effectif des employés par des robots et l'essor de ce capital tardent à survenir, même si, comme le rappelle The Economist, lorsque le basculement économique de l'IA aura réellement lieu, il se fera forcément sentir.
