L’Organisation mondiale de la santé revient à la charge sur la nécessité d’agir pour décourager la consommation d’alcool, de boissons sucrées et de tabac. Un outil efficace, capable de prévenir des millions de maladies évitables et de renforcer les systèmes de santé publique, pourrait être d’augmenter considérablement les taxes sur ces produits.
Le Directeur général de l’OMS a réaffirmé ce message en soulignant une fois de plus la nécessité de majorer d’ici 2035 les prix réels du tabac, de l’alcool et des boissons sucrées d’au moins 50 % au moyen de taxes sanitaires spécifiques.
Selon l’OMS, l’alcool, les boissons sucrées et le tabac restent encore trop bon marché dans de nombreux pays, en partie à cause de politiques fiscales faibles ou inexistantes. Dans certains cas, les prix ont même diminué avec le temps, rendant ces produits toujours plus accessibles, en particulier pour les jeunes.
Le résultat, selon les experts, c’est une hausse des cas de diabète de type 2, une augmentation de l’obésité et du surpoids, davantage de maladies cardiovasculaires et plus de cancers. Des maladies non transmissibles qui représentent aujourd’hui plus de 75 % des décès dans le monde et qui mettent sous pression des systèmes de santé déjà en difficulté.
L’OMS se montre catégorique : augmenter les taxes fait baisser la consommation. Il ne s’agit pas d’une hypothèse idéologique, mais d’une conclusion fondée sur des décennies de données scientifiques.
Des prix plus élevés réduisent l’achat de produits nocifs, dissuadent les jeunes de commencer à en consommer et génèrent en outre des recettes publiques plus importantes qui peuvent être réinvesties dans la santé, la prévention et les services sociaux.
C’est précisément pour cette raison que l’OMS insiste sur la nécessité de taxes bien conçues, qui tiennent compte de l’inflation et ne soient pas grignotées au fil du temps.
L’objectif de +50 % d’ici 2035 avait été formalisé en juillet 2025, mais en 2026 l’OMS revient le porter avec force, en le reliant à un contexte encore plus critique.
Les coupes dans l’aide internationale, l’augmentation de la dette publique et les systèmes de santé sous tension font en effet des taxes sanitaires un instrument clé pour l’autosuffisance des pays, comme l’a souligné le Directeur général.
Selon les estimations de l’OMS, une hausse unique de 50 % des prix du tabac, de l’alcool et des boissons sucrées pourrait prévenir jusqu’à 50 millions de décès prématurés au cours des 50 prochaines années et contribuer à mobiliser jusqu’à 1 000 milliards de dollars à consacrer à la santé publique et au développement.
L’OMS cite également des exemples concrets : en 2025, des pays comme la Malaisie, l’Île Maurice, la Slovaquie, le Sri Lanka et le Vietnam ont introduit ou augmenté les taxes sur ces produits ; début 2026, l’Inde a instauré un nouveau droit d’accise sur le tabac et l’Arabie saoudite une taxe à paliers sur les boissons sucrées.
Le message de l’Organisation mondiale de la Santé est clair : agir sur les prix est un choix politique, pas seulement une mesure technique. Les maladies liées au tabac, à l’alcool et aux boissons sucrées ne sont pas inéluctables. Les faire reculer rapidement est possible, et selon l’OMS les taxes sanitaires restent la voie la plus efficace et la plus immédiate pour y parvenir.
