La Commission européenne a infligé à AliExpress une amende record de 550 millions d'euros pour ne pas avoir suffisamment lutté contre les produits illégaux, dangereux et contrefaits sur sa plateforme. La question n’est pas seulement de savoir si l’entreprise chinoise de commerce en ligne va effectivement payer, mais aussi ce que l’UE fera de cet argent et combien de temps la procédure judiciaire pourrait s’éterniser.
Selon la Commission, AliExpress a manqué à ses obligations en matière d’évaluation et de limitation des risques liés aux produits illégaux, et certaines offres sont restées en ligne pendant des semaines après avoir été signalées. Il s’agit de l’amende la plus lourde infligée à ce jour par l’UE en vertu de la loi sur les services numériques. Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’une approche européenne plus stricte à l’égard des grandes plateformes en ligne qui, selon Bruxelles, n’en font pas assez pour lutter contre les ventes interdites ou dangereuses.
Vont-ils payer ?
AliExpress a immédiatement qualifié cette amende de "disproportionnée" et affirme qu’elle examine la décision. Dans la pratique, les entreprises font souvent appel, mais la Commission européenne dispose généralement de dossiers solides et les tribunaux confirment souvent ses décisions, éventuellement avec une légère réduction du montant. Les multinationales peuvent difficilement se permettre de perdre l’important marché européen, ce qui rend le paiement tout de même probable.
Où va cet argent ?
Si l’amende est effectivement perçue, cet argent ne sera pas versé dans un fonds distinct, mais intégrera le budget européen. Cela signifie que les États membres devront verser des contributions moins élevées au cours de l’exercice budgétaire suivant, de sorte que chaque État membre bénéficie indirectement de ces recettes. L’argent n’est donc pas affecté à un projet spécifique, mais il réduit les contributions générales des États membres.
Offensive plus large contre les boutiques en ligne chinoises
AliExpress doit présenter, d’ici le 20 octobre 2026, un plan d’action comprenant des mesures visant à remédier aux problèmes. Le Conseil européen des services numériques rendra ensuite son avis, puis la Commission prendra une décision finale. Si l’entreprise ne se conforme pas à ces exigences, Bruxelles pourra lui infliger des astreintes supplémentaires pouvant atteindre 5 % de son chiffre d’affaires mondial quotidien. Cette amende ne fait pas figure d’exception, mais s’inscrit dans le cadre d’une pression européenne plus large exercée sur les boutiques en ligne chinoises telles que Temu et Shein. Bruxelles exerce par ailleurs une pression supplémentaire sur les colis bon marché en provenance de Chine par le biais de mesures douanières.
