Malte se positionne pour devenir le premier pays au monde à faire de l’accès à l’intelligence artificielle un véritable service public de masse. Avec le programme "AI for Everyone", le gouvernement introduit une mesure inédite : un an d’abonnement gratuit à ChatGPT Plus ou à Microsoft Copilot pour tous les résidents qui terminent un parcours de formation dédié.
L’initiative découle d’une collaboration entre le gouvernement maltais, OpenAI et Microsoft. Elle s’inscrit dans un plan plus large d’environ 100 millions d’euros destiné à la transformation numérique de l’île. L’objectif est ambitieux : faire en sorte que la population ne soit pas seulement utilisatrice, mais pleinement consciente de l’IA comme outil du quotidien.
Un cours obligatoire pour accéder au "bonus" numérique
Pour obtenir l’abonnement gratuit, la simple résidence ne suffit pas : il est nécessaire de suivre un cours en ligne d’initiation à l’IA développé par l’Université de Malte et la Malta Digital Innovation Authority. Ce parcours, disponible en maltais et en anglais, commence par un module introductif d’environ deux heures, conçu pour les personnes qui n’ont aucune compétence technique.
Les cours expliquent ce qu’est l’intelligence artificielle, comment elle fonctionne, quelles sont ses applications pratiques et surtout quelles sont ses limites, en mettant l’accent sur une utilisation consciente et critique des résultats générés. Ce n’est qu’après la validation de ce cours de base que l’on obtient l’accès à l’abonnement annuel gratuit, qui constitue le cœur de l’initiative.
ChatGPT Plus et Copilot comme outils publics
L’idée de base est de transformer des outils d’IA avancés en une ressource accessible au plus grand nombre. Selon le gouvernement, l’objectif est d’éviter la fracture numérique et de garantir que personne ne soit exclu de l’évolution technologique. Le vice‑Premier ministre Ian Borg a résumé la vision du projet en affirmant que "personne ne doit être laissé pour compte", tandis que Microsoft a décrit l’initiative comme un modèle fondé non seulement sur les infrastructures technologiques, mais aussi sur les compétences humaines.
Un modèle qui pourrait faire école en Europe
Le cas maltais s’inscrit dans une tendance internationale où plusieurs pays testent l’intégration de l’IA dans les systèmes éducatifs et les services publics. La Grèce et l’Estonie ont déjà lancé des programmes scolaires, mais jamais à une échelle nationale aussi vaste. Malte, elle, mise sur une approche globale : citoyens, étudiants et travailleurs sont réunis au sein d’une plateforme de formation unique. L’IA y est ainsi traitée presque comme un service public essentiel, au même titre que l’électricité ou la connexion Internet.
L’île devient donc un véritable laboratoire à l’échelle mondiale. Si le projet s’avère concluant, il pourrait ouvrir la voie à des politiques similaires dans d’autres pays et redéfinir la notion même d’initiation au numérique. Pour la première fois, l’accès à des outils comme ChatGPT ne relève plus seulement d’un choix individuel, mais d’un parcours encadré par l’État pour bâtir une société mieux préparée à l’ère de l’intelligence artificielle.
Source : AI GĦAL KULĦADD
