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Dette climatique : les ultrariches doivent 1 000 milliards de dollars par an, et les plus pauvres en paient le prix

  • 15 juin 2026 14:41

Les 0,01 % les plus riches de la planète accumulent chaque année une dette climatique proche de 1 000 milliards de dollars, principalement à travers des investissements à forte intensité de carbone. 

Alors qu’on demande aux citoyens de changer leurs habitudes et de réduire leur consommation, une toute petite frange de la population mondiale continue de peser de façon disproportionnée sur le climat. À quel point ? Selon un nouveau rapport de Greenpeace Africa, la dette climatique accumulée chaque année par les 0,01 % les plus riches de la planète frôle les 1 000 milliards de dollars (soit près de 860 milliards d’euros).

Qu’est-ce que la dette climatique ?

Il s’agit du coût des dommages causés par les émissions de gaz à effet de serre qui dépassent la part équitable de carbone compatible avec l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. La "dette climatique fondée sur la propriété" mesure la responsabilité climatique associée à la détention d’entreprises, d’actions et d’investissements à forte intensité de carbone. En d’autres termes : qui détient et tire profit des activités qui génèrent le plus d’émissions ?

Mais pourquoi se concentrer sur les ultrariches ? Parce que la dette climatique est fortement concentrée parmi les tranches de richesses les plus élevées de la planète Les 0,01 % les plus riches de la population possèdent une part disproportionnée d’actifs polluants et portent, par conséquent, une responsabilité climatique extrêmement lourde.

Le rapport

La donnée la plus intéressante concerne sans doute l’origine de cet impact : ce ne sont pas seulement les yachts, les jets privés ou la consommation de luxe qui font la différence. Ce qui pèse le plus, ce sont surtout les investissements. Le rapport estime en effet que la dette climatique liée au patrimoine et aux investissements des 0,01 % les plus riches de la population mondiale (des personnes à la tête d’une fortune supérieure à 38 millions de dollars) s’élève à environ 992 milliards de dollars par an. Celle associée à leur consommation atteint, quant à elle, 405 milliards.

En d’autres termes, le problème ne concerne pas seulement la façon dont les ultrariches vivent, mais surtout l’endroit où ils investissent leur argent.

Selon Greenpeace, la crise climatique est aussi une crise de concentration des richesses. C’est pourquoi les politiques climatiques devraient commencer à prendre en compte non seulement les émissions produites par les industries et les consommateurs, mais aussi celles liées aux grands patrimoines financiers et aux participations dans des entreprises à forte intensité de carbone.

Les chiffres aident à comprendre l’ampleur du phénomène : en 2022, chaque individu appartenant aux 0,01 % les plus riches était associé à une dette climatique moyenne de plus de 1,24 million de dollars découlant de ses investissements, soit plus du double des quelque 507 000 dollars imputés à sa consommation personnelle.

Pour Greenpeace, ces données renforcent la nécessité d’appliquer concrètement le principe du "pollueur-payeur". Taxer la richesse extrême et les investissements les plus polluants pourrait en effet contribuer à couvrir une partie significative des besoins de financement nécessaires pour soutenir la transition écologique et aider les pays les plus vulnérables à faire face aux impacts de la crise climatique, des besoins estimés à au moins 1 000 milliards de dollars par an.

“Nous découvrons que l’impact climatique des ultrariches est bien plus grave que ce que nous imaginions”, observe Clara Thompson, de Greenpeace International. Une déclaration qui replace au centre du débat une question de plus en plus difficile à ignorer : si la crise climatique touche tout le monde, qui devrait réellement en assumer les coûts ?

Pour l’organisation environnementale, la réponse est claire. Les gouvernements devraient mettre en place des systèmes fiscaux plus efficaces à l’égard des grandes fortunes et des entreprises les plus responsables des émissions, tout en renforçant la transparence fiscale et la lutte contre l’évasion.

Car, tandis que des millions de personnes subissent sécheresses, inondations et vagues de chaleur toujours plus intenses, une part considérable de la facture climatique continue d’être générée par une élite mondiale extrêmement restreinte.

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