Figure majeure de la finance américaine, Alan Greenspan s’est éteint à l’âge de 100 ans. À la tête de la Réserve fédérale pendant dix-neuf ans, il a incarné la puissance rassurante du banquier central, tout en laissant derrière lui un héritage discuté.
Alan Greenspan a dirigé la Fed d’août 1987 à janvier 2006, soit l’un des mandats les plus longs de l’institution. Nommé sous Ronald Reagan, il a traversé des crises successives et imposé un style fait de prudence, de sang-froid et de communication très maîtrisée. Son nom est devenu synonyme de stabilité pour les marchés. À l’époque, certains voyaient en lui un véritable “guide” capable d’orienter la finance mondiale, au point d’être qualifié de “maestro”. Les observateurs s'accordent pour dire qu'il était un banquier central hors norme.
L’art de calmer les tempêtes
Greenspan s’est illustré dès le krach d’octobre 1987, lorsque la Fed a réagi rapidement pour éviter une crise plus profonde. Il a ensuite accompagné l’économie américaine pendant la récession du début des années 1990, l’éclatement de la bulle Internet et les secousses provoquées par les attentats du 11 septembre 2001. Sous son mandat, les États-Unis ont connu une longue phase d’expansion, souvent présentée comme l’une des plus durables de l’histoire du pays. Cette période a consolidé sa réputation d’architecte de la confiance financière. Certains l'ont même appelé le "sauveur des marchés"
Une légende contestée
Mais l’héritage de Greenspan ne se résume pas à ses succès. Après son départ, il a été vivement critiqué pour n’avoir pas anticipé les déséquilibres qui ont mené à la crise des subprimes. Ses partisans soulignent néanmoins qu’il a protégé l’économie américaine dans des moments critiques et renforcé l’autorité de la Fed. Ses détracteurs estiment au contraire que sa politique a parfois trop favorisé les marchés au détriment de la vigilance financière.
Une fin d’époque
Au-delà du banquier central, Alan Greenspan a incarné une époque où la parole d’un seul homme pouvait rassurer Wall Street, Washington et les places financières du monde entier. Son décès marque la disparition d’une des grandes figures économiques du XXe et du début du XXIe siècle.
