Le Mondial de football s’est révélé être un événement au coût environnemental gigantesque, entre les déplacements en jet privé du président de la FIFA Gianni Infantino et une organisation géographiquement éclatée.
À une époque où la conscience environnementale est de plus en plus répandue et où l’engagement individuel dans le recyclage, la réduction des consommations et la mobilité durable devient un pilier du quotidien, une question surgit spontanément : dans quelle mesure ces efforts peuvent réellement peser face à des phénomènes d’envergure mondiale ?
Imaginez-vous en train de trier soigneusement une bouteille en plastique, convaincu de faire votre part pour un avenir plus vert. Maintenant, imaginez qu’au même moment, un événement sportif au retentissement planétaire génère une empreinte carbone sans précédent, au point de réduire à néant, ou presque, les efforts de millions de personnes. C’est ce paradoxe que la Coupe du monde de football 2026 a mis en lumière, déclenchant une vague de critiques et braquant les projecteurs sur l’impact environnemental des grands événements.
Le président de la FIFA et l’ombre des émissions
Au cœur des polémiques, le président de la FIFA, Gianni Infantino, dont le comportement pendant le tournoi a suscité de vives inquiétudes. Alors que le monde entier débattait de durabilité et de lutte contre le changement climatique, Infantino a essuyé de sévères critiques de la part des médias internationaux en raison de ses déplacements. Il est notamment question de vols en jet privé effectués jusqu’à deux fois par jour, avec l’objectif affiché d’assister au plus grand nombre possible de matchs. Des sources internes à la FIFA auraient même confirmé son intention d’assister à deux rencontres quotidiennes, chaque fois que la logistique le permettait, en dépit d’un calendrier exténuant.
Une estimation choc suggère que, par ses seuls déplacements, le président de la FIFA aurait généré environ 300 tonnes de dioxyde de carbone (CO2). Un chiffre qui contraste de manière saisissante avec l’image d’une organisation sportive qui se dit, en théorie, engagée en faveur de l’environnement. D’un côté, on encourage la responsabilité individuelle, de l’autre, on assiste à des comportements qui semblent ignorer complètement l’urgence climatique.
Le Mondial de tous les records
La question ne se limite toutefois pas aux déplacements d’une seule personnalité. Ce tournoi s’est en effet étendu sur quatre fuseaux horaires et trois pays différents, avec pas moins de 16 stades séparés par des distances considérables pouvant atteindre 2 800 miles (près de 4 500 kilomètres). Cette dispersion géographique a imposé un nombre colossal de trajets, non seulement pour le président, mais aussi pour les équipes, les staffs, les journalistes et les supporters. L’événement sportif a d’ailleurs été largement décrit comme le plus polluant de l’histoire, un triste record qui devrait pousser à la réflexion.
Les estimations de l’empreinte carbone globale de cette Coupe du monde sont alarmantes : on parle de près de 9 millions de tonnes de dioxyde de carbone émises. Sur ce total colossal, une part significative, estimée à environ 7,7 millions de tonnes, serait imputable exclusivement aux voyages en avion. Pour mesurer la gravité de ces chiffres, il suffit de réaliser que ce volume d’émissions est plus de quatre fois supérieur à celui généré par l’ensemble des Coupes du monde de 2010 à 2022 réunies.
Durabilité et grands événements : un dialogue de sourds ?
Ce scénario soulève des questions cruciales sur la compatibilité entre l’organisation d’événements mondiaux de grande ampleur et les objectifs de durabilité environnementale. Le récit médiatique se concentre souvent sur les actions vertueuses individuelles, mais la réalité montre que les grands acteurs et les manifestations de masse peuvent avoir un impact disproportionné, au point d’éclipser les efforts collectifs.
L’industrie du football, et du sport en général, porte une responsabilité immense. Grâce à sa visibilité et à son influence, elle pourrait et devrait être un moteur de changement positif. Au lieu de cela, de tels épisodes risquent de transformer les engagements environnementaux en de simples déclarations d’intention, vides de sens. Il est essentiel que des instances comme la FIFA adoptent des politiques de planification plus rigoureuses, en évaluant scrupuleusement l’emplacement des stades, la logistique des transports et l’empreinte carbone globale dès la phase de candidature et de conception.
Au-delà du recyclage de la bouteille : la nécessité d’un changement systémique
La leçon qui ressort de cette Coupe du monde est claire : tandis que nous continuons à recycler nos bouteilles et à réduire nos émissions à travers des gestes quotidiens, il est impératif que les grandes organisations et les dirigeants mondiaux fassent preuve d’une cohérence et d’un engagement à la hauteur de la crise climatique actuelle.
