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Pour convaincre de nouvelles recrues, l'armée russe efface leurs dettes

  • 28 mai 2026 14:55

L'armée russe est prête à tout pour convaincre des nouvelles recrues de s'engager pour partir au front en Ukraine. Et pour prendre le risque d'y laisser leur peau.

Imaginez : un homme, serré par les dettes, assailli par les créanciers, voit son avenir financier basculer d'un seul coup. Pour remettre les compteurs à zéro, il lui suffit de signer un contrat avec l'armée russe. D'un coup de plume, Vladimir Poutine annule ensuite ses dettes. Jusqu'à 10 millions de roubles, soit environ 120.000 euros, à condition que les créances soient déjà en recouvrement judiciaire, raconte le site suisse bluewin.ch .

Cette loi, signée le 26 mai 2026, s'applique aux recrues ayant signé un contrat à partir du 1er mai 2026 pour une durée minimale d'un an. Elle implique une participation à ce que le Kremlin appelle pudiquement l'"opération militaire spéciale", alias l'invasion de l'Ukraine, lancée il y a plus de 3 ans.

Sur le front, les pertes, morts et blessés, sans parler des défections et des soldats faits prisonniers, se comptent par dizaines de milliers. Et les autorités russes ne reculent devant aucun incitant pour remplir les rangs de l'armée. Salaires attractifs, avantages sociaux, promesses d'ascension sociale : les leviers sont nombreux pour convaincre les hésitants. À leur retour du front, les combattants peuvent prétendre à des emplois de premier plan en Russie. Dans un pays qui vit au rythme de l'effort de guerre, les besoins de l'armée priment sur ceux de tous les autres secteurs.

Cette mesure révèle une vérité cruelle : un homme endetté est prêt à prendre des risques que la seule idéologie ne justifierait pas. Pour un foyer étranglé par les remboursements, la disparition de 120.000 euros de créances ressemble à une seconde chance. Mais cette "chance" a un prix, et il se compte en mois passés sous les obus ukrainiens. Et le Kremlin ne s'arrête pas là : le texte prévoit même un effacement possible des dettes du conjoint de celui qui part au front.

L'armée russe, qui a un impérieux besoin de chair à canon, transforme ainsi les problèmes financiers de sa population en outil de recrutement. Et montre qu'en temps de guerre, même la dette peut devenir une arme.

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