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Repas à 1 euro dans toutes les universités en France : la mesure révolutionnaire pour soutenir les étudiants

  • 06 mai 2026 15:00

Depuis le 4 mai, une nouveauté destinée à changer concrètement la vie universitaire est entrée en vigueur en France : tous les étudiants peuvent désormais accéder à un repas complet en restaurant universitaire (RU) pour 1 euro seulement, quels que soient leurs revenus. 

Un tournant majeur par rapport au système précédent, lorsque ce tarif préférentiel était réservé aux seuls étudiants boursiers ou en situation de précarité. Le repas, servi dans les restaurants gérés par les Crous, comprend une entrée, un plat principal et un dessert. Jusqu’à il y a quelques jours, les autres étudiants payaient environ 3,30 euros. Selon Libération, ce changement est le fruit d’une pression constante des associations étudiantes, qui ont porté cette revendication jusqu’au Parlement pour obtenir l’extension de la mesure à l’ensemble des étudiants.

Des étudiants de plus en plus en difficulté

À l’origine de cette décision, un constat difficile à ignorer. En France, d’après plusieurs enquêtes, près de 50 % des étudiants ont déjà sauté au moins un repas pour des raisons financières, et plus d’un tiers le fait régulièrement chaque mois. Des chiffres qui illustrent une insécurité alimentaire croissante, désormais reconnue comme un problème structurel. Le phénomène est loin d’être isolé : à l’échelle européenne, environ 24 % des jeunes de 15 à 29 ans sont exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, selon Eurostat. Dans ce contexte, garantir l’accès à un repas équilibré devient une priorité politique autant que sociale.

Coûts, financements et organisation

Derrière ce prix symbolique d’1 euro se cache une réalité bien plus complexe. Le coût réel de chaque repas est estimé entre 8 et 9 euros, une grande partie étant prise en charge par l’État. Pour soutenir le dispositif, le gouvernement a débloqué 50 millions d’euros, avec des investissements supplémentaires prévus au cours des prochaines années. Environ 800 restaurants universitaires sont concernés sur l’ensemble du territoire, pour plus de 7 500 employés. Afin de faire face à la hausse attendue de la fréquentation, au moins 204 nouveaux postes à temps plein seront créés. Les syndicats et les associations craignent toutefois que ces moyens ne soient insuffisants sur le long terme.

Une "petite révolution" sous surveillance

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste – qui a promis 120 millions d’euros en 2027 pour soutenir le programme – a qualifié la mesure de "petite révolution", en insistant sur la volonté de maintenir une qualité de restauration élevée malgré la chute des prix. L’objectif est d’éviter que l’afflux de nouveaux usagers ne se traduise par une surcharge pour les structures et pour le personnel.

En 2025, les restaurants universitaires français ont servi plus de 44 millions de repas, un chiffre appelé à croître rapidement. Le succès de l’initiative dépendra justement de la capacité du système à absorber cette hausse sans dégrader le service. Le cap est clair : faire du droit aux études quelque chose de plus concret, à commencer par un geste quotidien comme le déjeuner. 

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