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Temu condamnée à 200 millions d’euros : chargeurs dangereux et jouets illégaux dans le viseur de l’UE

  • 01 juin 2026 14:11

La Commission européenne a infligé une amende de 200 millions d’euros à Temu en vertu "Digital Services Act" ("Règlement sur les services numériques"). Elle accuse la plateforme chinoise de ne pas avoir correctement géré les risques liés à la vente de produits illégaux et dangereux. 

Les enquêtes ont révélé des chargeurs non conformes et des jouets contenant des substances chimiques au‑delà des limites légales. Temu a jusqu’au 28 août 2026 pour présenter un plan de mise en conformité.

Le cœur de l’accusation porte sur une gestion superficielle des risques : selon Bruxelles, Temu aurait fondé son analyse sur des lignes directrices générales relatives au commerce électronique, plutôt que sur les risques spécifiques à son propre catalogue. Résultat ? Les consommateurs européens ont une forte probabilité de tomber sur des produits illégaux ou dangereux sur le site Temu.

Ce qu’a révélé l’enquête

Les preuves ont été rassemblées grâce à une opération de "mystery shopping" ("achat mystère"), un contrôle réalisé sous couverture. Les résultats se sont révélés alarmants : un pourcentage très élevé des chargeurs testés n’a pas passé les contrôles élémentaires de sécurité, tandis qu’une part significative des jouets pour enfants présentait des risques de gravité moyenne à élevée, notamment des substances chimiques dépassant les seuils autorisés par la loi et des petites pièces détachables présentant un risque d’étouffement. Pour couronner le tout, le système de promotion et de marketing de la plateforme, y compris les programmes d’affiliation avec des influenceurs, aurait amplifié la diffusion de ces articles non conformes.

Une amende record, mais pas au maximum

Avec ses 200 millions d’euros, la sanction infligée à Temu est la plus sévère jamais prononcée à ce jour en vertu du DSA, dépassant les 120 millions d’euros imposés à X, le réseau social d’Elon Musk, en décembre 2025. Elle reste toutefois largement inférieure au plafond maximal prévu par la loi, fixé à 6 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise. Ce montant a été déterminé en tenant compte de la nature, de la gravité et de la durée de l’infraction.

Et maintenant ?

Temu a jusqu’au 28 août 2026 pour présenter à la Commission un plan d’action correctif. Une fois ce plan approuvé, l’entreprise bénéficiera d’un délai raisonnable pour le mettre en œuvre. En cas de non‑conformité, des astreintes sont prévues. Cette intervention s’inscrit dans un climat de préoccupation institutionnelle croissante à l’égard des plateformes chinoises : outre TemuShein et AliExpress sont également dans le viseur de l’UE, tandis que le collège des commissaires se réunira le 29 mai pour aborder plus globalement le dossier de la concurrence chinoise et le risque de désindustrialisation de l’Europe.

Source : digital-strategy.ec.europa.eu

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