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TotalEnergies a-t-il vraiment perdu 200 millions à cause de la guerre en Iran ?

  • 18 juin 2026 22:50

Auditionné à l'Assemblée nationale le 18 juin 2026, le PDG de TotalEnergies affirme que le plafonnement volontaire des carburants en France a coûté à l'entreprise  environ 200 millions d'euros de marge depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Pourtant, le groupe affiche des bénéfices mondiaux en forte hausse, dopés par la même crise pétrolière, ce qui relance les débats sur la taxation des « superprofits » et la fiscalité du géant pétrogazier.

Devant la commission des finances de l'Assemblée, Patrick Pouyanné a détaillé son estimation : le plafonnement à 1,99 € le litre d'essence puis 2,25 € le litre de diesel représente un "manque à gagner" de quelque 200 millions d'euros depuis fin février 2026, lorsque le conflit en Iran a débuté.

Le patron du groupe précise que ce montant est "approximatif" puisque calculé sur la base des prix que TotalEnergies aurait pratiqués dans ses stations indépendamment de la crise. "Le plafond est inférieur au prix de revient", affirme-t-il, laissant entendre que l'entreprise vend à perte en France dans le contexte actuel.

« La seule compagnie pétrolière à avoir mis cela en place »

Face aux députés qui plaident pour une taxation des superprofits, M. Pouyanné a défendu son mécanisme de plafonnement, présenté comme une "contribution volontaire" que "personne ne demandait" au groupe. Il insiste : "Nous sommes la seule entreprise au monde à avoir mis cela en place".

La logique de son raisonnement est claire : "Donc, critiquer cette mesure [...] j'avoue avoir du mal à le comprendre ". Il défend ce dispositif "apprécié des consommateurs" et salué par le gouvernement.

La menace de retirer le plafonnement en cas de surtaxation

Le PDG a toutefois posé une condition : "Si le Parlement s'orientait vers une taxation supplémentaire, nous en tirerons les leçons [...] On ne peut pas vouloir nous prendre deux fois le même argent ".

Dans une série d'interviews datant de mai 2026 relayées par RTL, l'AFP et Le Figaro, il a d'emblée prévenu : "En cas de surtaxe sur nos raffineries [...] nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France". Il juge "fort probable" que TotalEnergies soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les grandes entreprises adoptée à l'automne 2025.

L'ombre des 4,96 milliards de bénéfices

Le chiffre de 200 millions de "manque à gagner" a immédiatement réagir de nombreux commentateurs car il juxtapose des réalités contradictoires : alors que TotalEnergies évoque cette perte en France, le groupe a enregistré 4,96 milliards d'euros de bénéfices au premier trimestre 2026, une hausse de 51% sur un an.

À l'échelle mondiale, les bénéfices du groupe ont franchi le cap des 15,6 milliards de dollars, selon Patrick Pouyanné lui-même. Le conflit au Moyen-Orient a dopé les revenus pétroliers du groupe, ce qui a relancé le débat sur l'opportunité de taxer les "superprofits".

Fidelité au plafonnement malgré les critiques fiscales

Le groupe est régulièrement critiqué pour la faiblesse de son impôt sur les sociétés en France au regard de ses bénéfices mondiaux. Le 17 mai 2024, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà encouragé l'entreprise à "un plafonnement généreux des prix à la pompe" pour redistribuer les profits supplémentaires.

Il n'y aura pas de pénurie en France

Enfin, Patrick Pouyanné a tenu à rassurer sur l'approvisionnement estival : "Il n'y aura pas de pénurie en France", a-t-il assuré, les stocks et les capacités logistiques étant calibrés pour faire face au retour de la consommation. Il a toutefois prévenu que "cela aura un coût plus élevé", puisque "nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l'Asie vers la France, donc en payant plus cher".

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