Fini les candidatures "à l’aveugle" et les questions sur le précédent bulletin de salaire : avec les nouvelles règles européennes sur la transparence salariale, les entreprises devront indiquer la rémunération dès l’offre d’emploi.
Combien de fois avez-vous postulé à une offre d’emploi sans savoir combien vous alliez gagner ? Et combien de fois la rémunération n’a-t-elle été révélée qu’au terme d’un long processus de sélection, après des entretiens, des tests et des semaines d’attente ?
Pour des millions de travailleurs européens, cette pratique pourrait bientôt appartenir au passé. Avec l’entrée en vigueur de la directive européenne sur la transparence salariale, les entreprises seront en effet tenues de communiquer à l’avance la rémunération prévue pour un poste, mettant ainsi fin à l’une des zones les plus opaques du marché du travail.
Une petite révolution qui vise non seulement à rendre plus transparent le rapport entre entreprises et candidats, mais aussi à combattre l’une des inégalités les plus tenaces du monde du travail : l’écart salarial entre les femmes et les hommes.
Le salaire devra être communiqué avant l’entretien
La nouveauté la plus importante introduite par la directive européenne 2023/970 concerne précisément le moment de la candidature. Les personnes en recherche d’emploi auront le droit de connaître la rémunération initiale prévue pour le poste, ou la grille salariale correspondante, avant même de passer l’entretien.
Ces informations pourront être intégrées directement dans l’offre d’emploi ou communiquées par l’employeur avant la rencontre avec le candidat. Sur demande, il sera en outre possible d’obtenir des précisions sur la convention collective applicable au poste. Le tout afin de permettre aux personnes d’évaluer une offre en toute connaissance de cause et d’éviter que le salaire ne devienne l’objet de négociations opaques ou discriminatoires.
Les entreprises ne pourront plus demander combien vous gagniez auparavant
Parmi les nouveautés les plus significatives figure aussi l’interdiction pour les employeurs de demander aux candidats des informations sur leur précédent salaire. Une pratique encore très répandue qui, selon la Commission européenne, contribue à perpétuer les inégalités salariales tout au long de la vie professionnelle.
Si une salariée a été sous-payée par le passé, fonder la nouvelle proposition sur son salaire précédent risque en effet de prolonger cette pénalisation dans les emplois suivants.
Les nouvelles règles imposent également que toutes les procédures de recrutement soient menées selon des critères neutres et non discriminatoires.
De plus, la directive consacre de nouveaux droits pour les personnes déjà en poste : les salariés pourront demander des informations sur leur niveau de rémunération et le comparer avec le niveau moyen des collègues qui occupent le même poste ou exercent des fonctions de valeur égale.
Les données devront être fournies de manière agrégée et ventilées par sexe, afin de faciliter l’identification d’éventuelles disparités.
Pour beaucoup, ce sera la première occasion concrète de vérifier s’il existe des différences de salaire injustifiées au sein d’une même entreprise.
