Preloader

Voiture électrique solaire : le projet européen pour réduire vos factures d’énergie

  • 10 juin 2026 13:24

Une étude européenne mesure le potentiel des panneaux solaires intégrés aux véhicules électriques, entre autonomie, logistique et réseau public saturé.

Le toit d’une voiture passe des heures au soleil. Devant la maison ou sur le parking d’un supermarché, cette surface ne fait que chauffer. Le projet européen SolarMoves part de ce constat pour transformer ce rayonnement en énergie. On parle ici de photovoltaïque intégré aux véhicules (VIPV, "Vehicle Integrated Photovoltaics") : des cellules solaires installées sur le toit, le capot et, dans certains cas, sur les flancs. La voiture, la camionnette ou le camion deviennent ainsi de petits générateurs mobiles.

Les résultats recueillis dans le cadre du projet montrent qu’une voiture électrique solaire peut couvrir jusqu’à 55 % de ses besoins annuels en Europe centrale, et atteindre jusqu’à 80 % dans les régions les plus ensoleillées du sud de l’Europe. Bien qu’il s’agisse de valeurs théoriques, dépendant de l’utilisation, de l’exposition au soleil et des conditions climatiques, elles indiquent une direction concrète.

SolarMoves a analysé 23 catégories de véhicules à partir de données réelles de conduite, de météo et de rayonnement. L’objectif n’était pas d’imaginer le futur, mais de comprendre quelle quantité de soleil peut réellement être transformée en kilomètres. Pour les personnes qui effectuent de courts trajets et laissent souvent leur voiture à l’extérieur, l’avantage peut être significatif. Durant les mois les plus favorables, les recharges externes peuvent ainsi diminuer sensiblement.

Transport de marchandises et diesel

La partie la plus intéressante concerne le transport de marchandises. Les camions, fourgons et remorques disposent de surfaces bien plus grandes que les voitures et peuvent accueillir davantage de modules photovoltaïques. Selon le projet, sur les camions électriques, le photovoltaïque intégré peut augmenter l’autonomie quotidienne jusqu’à 15 %. En été, une remorque peut produire jusqu’à 55 kWh par jour grâce à son seul toit, et atteindre 90 à 110 kWh si des panneaux sont également fixés sur les parois latérales.

Cette énergie peut alimenter les systèmes de réfrigération, les circuits hydrauliques et d’autres équipements de bord sans peser sur la batterie principale. Pour les flottes de véhicules, cela signifie une baisse de la consommation, une réduction des coûts d’exploitation et une moindre dépendance aux infrastructures de recharge.

Les véhicules diesel peuvent eux aussi réduire une partie de leur consommation auxiliaire, mais le bénéfice le plus important apparaît sur les véhicules électriques. Le photovoltaïque embarqué n’élimine pas la nécessité des bornes de recharge ; il peut toutefois réduire une partie de la demande d’énergie sur le réseau. Selon SolarMoves, si tous les nouveaux véhicules mis sur le marché européen entre 2024 et 2030 adoptaient cette technologie, la demande d’électricité sur le réseau pourrait reculer de 15,6 TWh en 2030.

Pour y parvenir, il faut cependant des règles claires, des procédures d’homologation dédiées et des modules résistants aux vibrations, aux chocs et à l’usure quotidienne. Intégrer des panneaux dans un véhicule est bien plus complexe que de les installer sur le toit d’une maison.

La voiture électrique solaire n’est donc pas une voiture qui peut définitivement oublier la borne de recharge. C’est un véhicule qui exploite mieux une surface déjà existante, produit une partie de l’énergie qu’il consomme et réduit le nombre de recharges nécessaires. Le toit reste le même. Mais, au lieu de se contenter de chauffer, il se met à travailler.

Source : fraunhofer

Partager: